Les Héritiers de l'Ère Nouvelle

Le principe de la réparation du monde

En abolissant le Nouvel Ordre Mondial,nous aurons la lourde responsabilité de "Réparer le Monde,Régénérer la Terre"!

Nous allons explorer ici  tout ce qui est possible d'être fait ...au Nom des Êtres de Lumière,au Nom de Dieu...en attendant "Le Retour des Dieux"!

Tout sera fait en nous inspirant de diverses cultures ancestrales et en utilisant la science  de l'écologie.

 

 


 

 

La vision juive

 

La réparation du monde

une notion importante de la pensée juive est le « tikun », la réparation du monde.

 

Cette notion vient d’Isaac Louria un cabaliste du 16ème siècle et elle est liée à la vision cabaliste de la création du monde.

 

Au commencement le monde ne peut pas exister, car il n’y a pas de place pour lui. Le Dieu éternel remplit tout l’espace et se suffit à lui-même.

 

Quand il décide de créer quelque chose en dehors de lui-même, il lui faut faire de la place pour cette création, et donc se rétracter en lui-même.

 

Cette rétractation pour créer le monde, on l’appelle le tsimtsum. Dieu ne remplit plus le tout, il s’exile en lui-même pour laisser place à la création. (Analogie de l’ascenseur.)

 

Ensuite, de ce Dieu qui s’est retiré émane une lumière qui, dans l’espace laissé vide, est destiné à prendre forme d’émanations divines ou « sefirot ». Mais un accident a lieu, l’accident originel qui fait que les choses ne se passent pas comme elle le devraient.

 

 

Une des explications de cet accident est que la lumière divine est si forte et si intense que les vases divins destinés à la recevoir se brisent. C’est ce qu’on appelle la chevirah, « la brisure des vases » et la lumière divine revient donc à son point de départ, laissant derrière elle une création imparfaite, et donc habitée par le mal.

 

Ce qui me semble important dans cette vision allégorique, c’est que cette chevirah, cette part d’échec dans la création, n’incombe pas à Adam et Eve, Il leur est antérieur, il fait partie du processus de création lui-même.

 

Et à partir de là, l’homme, et donc Adam et Eve en premier lieu, reçoivent vocation de réparer les dommages causés par la chevirah. Ils reçoivent vocation de réparer le monde, et cette réparation du monde participe prépare l’œuvre de rédemption. Elle est tournée vers l’avenir et donne à l’humain une immense responsabilité en même temps qu’une responsabilité à sa mesure.

 

Il ne s’agit pas de changer le monde, ou de changer de monde, mais d’habiter celui-ci et de le corriger dans ce qu’il a d’injuste et de cruel, de réparer ses blessures, ses infirmités, ses maladies.

 

1) l’homme est né aveugle.

 

Sa cécité a une double force symbolique.

 

Par rapport au thème de la lumière, très présent dans la Bible, et central dans l’Evangile de Jean.

 

Jésus s’est adressé à la foule par ces mots :

 

« Je suis la lumière du monde. Celui qui me suit aura la lumière de la vie et ne marchera plus jamais dans les ténèbres. »

 

Les guérisons d’aveugles ont par conséquent un sens très fort dans les Evangiles, et a fortiori dans l’Evangile de Jean. Et elles se présentent comme l’accomplissement de paroles prophétiques annonçant les temps messianiques.

 

Ceux qui étaient dans les ténèbres sont désormais dans la lumière.

 

Et donc ces guérisons correspondent à des pièces à conviction. Les temps sont venus, puisque cet homme Jésus guérit les aveugles ….comme ailleurs il fait marcher les boiteux, il relève les morts.

 

Il est bien celui qui devait venir.

 

Mais ce n’est pas tout. Il se trouve que cet aveugle de l’Evangile de Jean nous est présenté comme aveugle de naissance.

 

Et la précision est d’importance.

 

Elle renvoie à la question de l’origine, elle renvoie à la question d’un mal avant la vie.

 

C’est à la fois la question de Job et plus que la question de Job.

 

Job s’interrogeait sur le malheur qui lui arrivait. Il avait été heureux, béni, comblé. Et il perdait tout.

 

Mais cet homme, lui, a toujours été aveugle. Il est né ainsi. Pourquoi ? Qu’est-ce que cela veut dire ?

 

2) Les disciples de Jésus posent la même question que les amis de Job.

 

A notre échelle humaine, le mal, la souffrance, l’infirmité semblent toujours nous renvoyer à la question de l’innocence ou de la culpabilité.

 

Les amis de Job lui disaient : « Si un tel malheur t’atteint, c’est que tu as fait du mal, c’est que tu as péché, toi ou tes enfants. »

 

Les disciples de Jésus lui demandent : « Pourquoi cet homme est-il né aveugle ? Est-ce à cause de son propre péché ou du péché de ses parents ? » Autrement dit est-il puni du péché de ses parents ou sa cécité est-elle le signe qu’il était pécheur dès l’origine ?

 

Aujourd’hui nous ne voulons plus entrer dans cette logique rétributive qui explique le mal et la souffrance par le péché, qu’il s’agisse du péché personnel ou du péché originel.

 

Elle nous semble absurde et nous révolte.

 

Mais nous sommes également révoltés par la gratuité et l’absurdité de la souffrance.

 

Nos questions ne sont peut-être plus les mêmes. Car nous bénéficions aujourd’hui de beaucoup d’explications scientifiques.

 

Mais au-delà, ne sommes-nous pas toujours à la recherche d’une autre réponse ? D’une réponse métaphysique ? D’une réponse théologique ? nous sommes toujours autant interrogés sur ces questions :

 

Pourquoi le mal ?

 

Pourquoi cet homme est-il né aveugle ?

 

C’est là que la vision cabaliste, que j’expliquais tout à l’heure, peut nous éclairer et nous libérer.

 

Car elle ne fait pas peser la responsabilité du mal sur l’homme, elle n’évoque pas la « chute » d’Adam et Eve pour expliquer la souffrance du monde.

 

Mais elle propose de lire le mal, la souffrance, l’imperfection des êtres et des choses de ce monde comme inhérents à la création elle-même.

 

Avec l’image des vases brisés par la trop forte lumière divine, le secret du mal est enfoui dans l’origine. Il ne nous est pas accessible. Nous ne pouvons pas y porter nos regards.

 

Cette explication est particulièrement éloquente dans le cas qui nous occupe. Car s’il ne s’agit pas d’un vase brisé par l’intensité de la lumière divine, il s’agit d’un homme aveugle …peut-être aveuglé pour la même raison.

 

 

Cette interprétation est bien sûr symbolique, mais elle nous fait sortir de la question de la culpabilité. Elle nous en libère.

 

Et de ce fait elle nous oriente vers une nouvelle responsabilité. Cette responsabilité, je vous propose de l’appeler la réparation du monde.

 

3) Que fait Jésus sinon réparer le monde ?

 

D’abord dans la manière dont il répond à ses disciples, Jésus corrige, répare leur vision de l’homme et de Dieu. Non cet homme aveugle n’a pas péché, ni ses parents…non Dieu n’est pas un Dieu qui punirait l’homme dans son corps ou dans sa vie.

 

Quand les disciples interrogent Jésus sur la cause du mal, sur son origine, il leur répond par un objectif. Il leur répond par une proposition d’avenir.

 

« Tout cela c’est pour que les oeuvres de Dieu soient manifestées en lui. » Et il les invite à accomplir les œuvres de Dieu tant qu’il fait jour.

 

Accomplir les œuvres de Dieu ? Quel programme ! En sommes-nous capables ? Voilà qui a de quoi nous effrayer…

 

Mais Jésus joint le geste à la parole. En le regardant agir on apprend en quoi consistent les œuvres de Dieu.

 

Et là il s’agit justement d’une œuvre de réparation.

 

En regardant Jésus agir, on a un enseignement à la fois très simple et très fort.

 

D’abord de quoi se sert-il ?

 

De sa propre salive et de la terre qui est à ses pieds.

 

La salive provient du même lieu que la parole, c’est-à-dire la bouche. Elle représente l’intimité vivante. Dans le monde animal elle peut avoir des effets thérapeutiques. On voit parfois des animaux lécher leurs plaies.

 

Et la terre représente la poussière du sol, l’humus, c’est-à-dire ce dont nous sommes faits, notre origine, et ce vers quoi nous retournerons. « Poussière tu redeviendras poussière.

 

Mais les psaumes de création associent toujours l’infiniment petit à l’infiniment grand … les étoiles sont évoquées en même temps que l’herbe des champs… et le début de la vie comme la fin de la vie.

 

Dans la boue que fait Jésus à partir de sa salive et de la poussière, on peut donc voir le symbole du principe de vie de la naissance à la mort, et même le principe de la création:

 

La salive de Jésus anime la poussière du sol en se mélangeant à elle. Il en fait ressortir les principes actifs.

 

Le geste de Jésus qui est de frotter les yeux de l’aveugle avec cette boue consiste à communiquer ce principe de vie à ces yeux qui sont morts. Mais dans un premier temps la boue enténèbre davantage le regard.

 

Il faut l’ordre de Jésus et que l’aveugle se lave lui-même le visage pour qu’il retrouve la vue et naisse à la lumière.

 

Cette guérison accomplie par Jésus peut être comprise comme une véritable réparation. Elle en a le côté matériel et physique. Contrairement à ce qui se passe pour d’autres signes, d’autres miracles, ici Jésus agit concrètement.

 

Cette réparation peut donc devenir très parlante pour nous, en nous renvoyant concrètement à nos expériences de vie, à nos rencontres, à notre responsabilité dans le tikun, dans la réparation du monde.

 

Je crois que chacun d’entre nous a, au sens propre comme au figuré, sinon un champ de ruines à restaurer, du moins un vase brisé à recoller, ou des fils à renouer, des situations à refaçonner pour les rendre plus vivables …

 

Je crois que chacun d’entre nous, s’il accepte de mettre ses lunettes de réparateur, peut trouver des chantiers à la mesure de ses possibilités, et des occasions qui se présentent à lui.

 

Et nous pouvons garder comme exemple pour nous inspirer aussi bien cette femme avec ses tissus que Jésus avec la boue réparatrice qu’il crée à partir de sa salive et de la poussière du sol.

 

Dans un cas comme dans l’autre cela veut dire qu’il n’y a pas de réparation sans un don venu de notre intimité, sans une implication profondément personnelle. Et cela veut dire aussi qu’en même temps la réalité la plus proche

 

nous offre la matière nécessaire au travail de réparation.

 

Car cette réparation n’est pas d’une ambition démesurée , comme serait l’ambition de changer le monde, ou de changer de monde…

 

Cette réparation ne relève pas du rêve ou de l’illusion.

 

C’est le travail, c’est la responsabilité de tout ouvrier du royaume qui d’abord rend grâce pour cette vie, trouve ce monde beau et bon à vivre, tout en voyant avec lucidité ce qui est juste et ce qui est injuste, ce qui est beau et ce qui est laid, ce qui doit être encouragé, ce qui doit remplacé.

 

Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, la modestie apparente de ce projet ne signifie pas qu’il ne soit pas enthousiasmant.

 

Elle signifie simplement que rien n’est dérisoire dans ce que nous faisons pour notre prochain et pour le monde.

 

Toute action, tout geste, toute parole qui procède de la justice et de la miséricorde participe à la réparation de ce monde.

 

C’est par nos efforts quotidiens, efforts personnels et efforts communs,

 

que nous répondons de la grâce de Dieu, que nous en témoignons, et que nous luttons le mieux contre le fatalisme.

 

Dieu a besoin de nous. Il nous confie la responsabilité d’entretenir, de réparer et de transmettre sa création à ceux qui nous suivront.

 


 

 

 



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